On est tous du même pays, autour du même feu du bivouac, et l'on parle de la Haute-Loire.
Je rêve l'épaulette de laine, le baudrier en ficelle.
Je voudrais être du bataillon de la Moselle. Avec des paysans et des ouvriers. L'oncle Joseph serait capitaine et l'oncle Chadenas, lieutenant.
Nous retournerions faire de la menuiserie, ou moissonner les champs «après la victoire».
Rue Coq-Héron.
Le journaliste nous mène un soir à l'imprimerie, dans le rez-de-chaussée où le journal se tire; il est l'ami d'un des ouvriers.
La machine roule, avale les feuilles et les vomit, les courroies ronflent. Il y a une odeur de résine et d'encre fraîche.
C'est aussi bon que l'odeur du fumier. Ça sent aussi chaud que dans une étable. Les travailleurs sont en manches de chemise, en bonnet de papier. Il y a des commandements comme sur un navire en détresse. Le margeur, comme un mousse, regarde le conducteur, qui surveille comme un capitaine.
Un rouleau de la machine s'est cassé.—Ohé!—oh!
On arrête,—et, cinq minutes après, la bête de bois et de fer se remet à souffler.