«Jacques, baisse ta culotte», dit ma mère à ce moment, d'une voix qui me fusille et part comme une décharge dans le silence.

Tous les regards s'abaissent sur moi.

Il faut cependant que ce scandale cesse. Un officier plus énergique que les autres donne un ordre:

«Enlevez l'enfant aux cornichons!»

L'ordre s'exécute discrètement; on me tire de dessous la banquette où je m'étais tapi désespéré, et la femme du censeur, qui se trouve là, m'emmène, avec ma mère, hors de la salle, jusqu'à la lingerie, où on me déshabille.

Ma mère me contemple avec plus de pitié que de colère.

«Tu n'es pas fait pour porter la toilette, mon pauvre garçon!»

Elle en parle comme d'une infirmité et elle a l'air d'un médecin qui abandonne un malade.

Je me laisse faire. On me loge dans la défroque d'un petit, et ce petit est encore trop grand, car je danse dans ses habits. Quand je rentre dans la salle, on commence à croire à une mystification.

Tout à l'heure j'avais l'air d'un léopard, j'ai l'air d'un vieillard maintenant. Il y a quelque chose là-dessous.