Un pantalon blanc à sous-pieds!

Des sous-pieds qui avaient l'air d'instruments pour un pied-bot et qui tendaient la culotte à la faire craquer.

Il avait plu, et, comme on était venu vite, j'avais des plaques de boue dans les mollets, et mon pantalon blanc, trempé par endroits, collé sur mes cuisses.

«MON FILS», dit ma mère d'une voix triomphante en arrivant à la porte d'entrée et en me poussant devant elle.

Celui qui recevait les cartes faillit tomber de son haut et me chercha sous mon chapeau, interrogea ma redingote, leva les mains au ciel.

J'entrai dans la salle.

J'avais ôté mon chapeau en le prenant par les poils; j'étais reconnaissable, c'était bien moi, il n'y avait pas à s'y tromper, et je ne pus jamais dans la suite invoquer un alibi.

Mais, en voulant monter par-dessus un banc pour arriver du côté de ma classe, voilà un des sous-pieds qui craque, et la jambe du pantalon qui remonte comme un élastique! Mon tibia se voit,— j'ai l'air d'être en caleçon cette fois;—les dames, que mon cynisme outrage, se cachent derrière leur éventail…

Du haut de l'estrade, on a remarqué un tumulte dans le fond de la salle.

Les autorités se parlent à l'oreille, le général se lève et regarde: on se demande le secret de ce tapage.