Trois fois par semaine, mon père donne quelques leçons au fils de ce jardinier, et comme l'enfant est maladif, sort peu, on a demandé que je vinsse lui tenir compagnie de temps en temps.

Je prends le plus long pour arriver.

Je suis donc libre!

Ce n'est pas pour faire une commission, avec l'ordre de revenir tout de suite et de ne rien casser; ce n'est pas accompagné, surveillé, pressé, que je descends la rue en me laissant glisser sur la rampe de fer.

Non. J'ai mon temps, une après-midi, toute une après midi!

«Cela t'amuse d'aller chez M. Soubeyrou? demande ma mère.

—Oui, m'man.»

Mais un oui lent, un oui avec une moue.

Tiens! si je disais trop vite que ça m'amuse, elle serait capable de m'empêcher d'y aller.

Si une chose me chagrine bien, me répugne, peut me faire pleurer, ma mère me l'impose sur-le-champ.