«Duk! Duk, s'écria le capitaine en se disposant à rentrer dans le frost-rime.
—Attendez! Hatteras, attendez! répondit le docteur; il me semble que le brouillard se dissipe.»
Il ne se dissipait pas, mais il baissait comme l'eau d'un étang qui se vide peu à peu; il paraissait rentrer dans le sol où il avait pris naissance; les sommets resplendissants des ice-bergs grandissaient au-dessus de lui; d'autres, immergés jusqu'alors, sortaient comme des îles nouvelles; par une illusion d'optique facile à concevoir, les voyageurs, accrochés à leurs cônes de glace, croyaient s'élever dans l'atmosphère, tandis que le niveau supérieur du brouillard s'abaissait au-dessous d'eux.
Bientôt le haut du traîneau apparut, puis les chiens d'attelage, puis d'autres animaux au nombre d'une trentaine, puis de grosses masses s'agitant, et Duk sautant, dont la tête sortait de la couche gelée et s'y replongeait tour à tour.
«Des renards! s'écria Bell,
—Des ours, répondit le docteur! un! trois! cinq!
—Nos chiens! nos provisions!» fit Simpson.
Une bande de renards et d'ours, ayant rejoint le traîneau, faisait une large brèche aux provisions. L'instinct du pillage les réunissait dans un parfait accord; les chiens aboyaient avec fureur, mais la troupe n'y prenait pas garde; et la scène de destruction se poursuivait avec acharnement.
«Feu!» s'écria le capitaine en déchargeant son fusil.
Ses compagnons l'imitèrent. Mais à cette quadruple détonation les ours, relevant la tête et poussant un grognement comique, donnèrent le signal du départ; ils prirent un petit trot que le galop d'un cheval n'eût pas égalé, et, suivis de la bande de renards, ils disparurent bientôt au milieu des glaçons du nord.