—A vous de parler. Bell, dit Hatteras.

—Capitaine, répondit le charpentier, nous n'avons pas de famille qui nous attende en Angleterre, c'est vrai, mais enfin le pays, c'est le pays! ne pensez-vous donc pas au retour?

—Le retour, reprit le capitaine, se fera aussi bien après la découverte du pôle. Mieux même. Les difficultés ne seront pas accrues, car, en remontant, nous nous éloignons des points les plus froids du globe. Nous avons pour longtemps encore du combustible et des provisions. Rien ne peut donc nous arrêter, et nous serions coupables de ne pas être allés jusqu'au bout.

—Eh bien, répondit Bell, nous sommes tous de votre opinion, capitaine.

—Bien, répondit Hatteras. Je n'ai jamais douté de vous. Nous réussirons, mes amis, et l'Angleterre aura toute la gloire de notre succès.

—Mais il y a un Américain parmi nous», dit Johnson.

Hatteras ne put retenir un geste de colère à cette observation.

«Je le sais, dit-il d'une voix grave.

—Nous ne pouvons l'abandonner ici, reprit le docteur.

—Non! nous ne le pouvons pas! répondit machinalement Hatteras.