—Moi, mon maître, j'agirais plus prudemment, en faisant savoir au prisonnier de s'enfuir dans une direction convenue.
—Et comment lui ferais-tu parvenir cet avis ?
—Au moyen de cette flèche que j'ai ramassée au vol, et à laquelle j'attacherais un billet, ou tout simplement en lui parlant à voix haute, puisque ces nègres ne comprennent pas notre langue.
—Vos plans sont impraticables, mes amis ; la difficulté la plus grande serait pour cet infortuné de se sauver, en admettant qu'il parvint à tromper la vigilance de ses bourreaux. Quant à toi, mon cher Dick, avec beaucoup d'audace, et en profitant de l'épouvante jetée par nos armes à feu, ton projet réussirait peut-être ; mais s'il échouait, tu serais perdu, et nous aurions deux personnes à sauver au lieu d'une. Non, il faut mettre toutes les chances de notre côté et agir autrement.
—Mais agir tout de suite, répliqua le chasseur.
—Peut-être ! répondit Samuel en insistant sur ce mot.
—Mon maître, êtes-vous donc capable de dissiper ces ténèbres !
—Qui sait, Joe ?
—Ah ! si vous faites une chose pareille, je vous proclame le premier savant du monde. »
Le docteur se tut pendant quelques instants ; il réfléchissait. Ses deux compagnons le considéraient avec émotion ; ils étaient surexcités par cette situation extraordinaire. Bientôt Fergusson reprit la parole :