—Peut-être ! En tout cas, voici ce que je ferai pour te consoler.

—Ce sera difficile, répliqua Joe d'un air contrit.

—Ecoute. Je vais prendre la situation exacte de ce placer, je te la donnerai, et, à ton retour en Angleterre, tu en feras part à tes concitoyens, si tu crois que tant d'or puisse faire leur bonheur.

—Allons, mon maître, je vois bien que vous avez raison ; je me résigne, puisqu'il n'y a pas moyen de faire autrement. Emplissons notre nacelle de ce précieux minerai. Ce qui restera à la fin du voyage sera toujours autant de gagné.

Et Joe se mit à l'ouvrage ; il y allait de bon cœur ; il eut bientôt entassé près de mille livres de fragments de quartz, dans lequel l'or se trouve renfermé comme dans une gangue d'une grande dureté.

Le docteur le regardait faire en souriant ; pendant ce travail, il prit ses hauteurs, et trouva pour le gisement de la tombe du missionnaire 22° 23' de longitude, et 4° 55' de latitude septentrionale.

Puis, jetant un dernier regard sur ce renflement du sol sous lequel reposait le corps du pauvre Français, il revint vers la nacelle.

Il eût voulu dresser une croix modeste et grossière sur ce tombeau abandonné au milieu des déserts de l'Afrique ; mais pas un arbre ne croissait aux environs.

« Dieu la reconnaîtra, » dit-il.

Une préoccupation assez sérieuse se glissait aussi dans l'esprit de Fergusson ; il aurait donné beaucoup de cet or pour trouver un peu d'eau ; il voulait remplacer celle qu'il avait jetée avec la caisse pendant l'enlèvement du nègre, mais c'était chose impossible dans ces terrains arides ; cela ne laissait pas de l'inquiéter ; obligé d'alimenter sans cesse son chalumeau, il commençait à se trouver à court pour les besoins de la soif ; il se promit donc de ne négliger aucune occasion de renouveler sa réserve.