—Comment cela ?

—Nous allons reprendre notre place dans la nacelle et nous élever dans l'air.

—Mais si le vent nous entraîne ?

—Il n'en sera rien, heureusement. Vois, Dick ; la brise nous ramène sur le lac, et cette circonstance, qui eut été fâcheuse hier, est propice aujourd'hui. Nos efforts se borneront donc à nous maintenir sur cette vaste étendue d'eau pendant toute la journée. Joe ne pourra manquer de nous voir là où ses regards doivent se diriger sans cesse. Peut-être même parviendra-t-il à nous informer du lieu de sa retraite.

—S'il est seul et libre, il le fera certainement.

—Et s'il est prisonnier, reprit le docteur, l'habitude des indigènes n'étant pas d'enfermer leurs captifs, il nous verra et comprendra le but de nos recherches.

—Mais enfin, reprit Kennedy, — car il faut prévoir tous les cas, — si nous ne trouvons aucun indice, s'il n'a pas laissé une trace de son passage, que ferons-nous ?

—Nous essayerons de regagner la partie septentrionale du lac, en nous maintenant le plus en vue possible ; là, nous attendrons, nous explorerons les rives, nous fouillerons ces bords, auxquels Joe tentera certainement de parvenir, et nous ne quitterons pas la place sans avoir tout fait pour le retrouver.

—Partons donc, » répondit le chasseur.

Le docteur prit le relèvement exact de ce morceau de terre ferme qu'il allait quitter ; il estima, d'après sa carte et son point, qu'il se trouvait au nord du Tchad, entre la ville de Lari et le village d'Ingemini, visités tous deux par le major Denham. Pendant ce temps, Kennedy compléta ses approvisionnements de viande fraîche. Bien que les marais environnants portaient des marques de rhinocéros, de lamentins et d'hippopotames, il n'eut pas l'occasion de rencontrer un seul de ces énormes animaux.