—Dangereux ! avec un homme comme le docteur Fergusson !
—Je ne voudrais pas t'enlever tes illusions, mon cher Joe ; mais ce qu'il entreprend là est tout bonnement le fait d'un insensé : il ne partira pas.
—Il ne partira pas ! Vous n'avez donc pas vu son ballon à l'atelier de MM. Mittchell, dans le Borough [ Faubourg méridional de Londres.].
—Je me garderais bien de l'aller voir.
—Vous perdez là un beau spectacle, Monsieur ! Quelle belle chose ! quelle jolie coupe ! quelle charmante nacelle ! Comme nous serons à notre aise là-dedans !
—Tu comptes donc sérieusement accompagner ton maître ?
—Moi, répliqua Joe avec conviction, mais je l'accompagnerai où il voudra ! Il ne manquerait plus que cela ! le laisser aller seul, quand nous avons couru le monde ensemble ! Et qui le soutiendrait donc quand il serait fatigué ? qui lui tendrait une main vigoureuse pour sauter un précipice ? qui le soignerait s'il tombait malade ? Non, monsieur Dick, Joe sera toujours à son poste auprès du docteur, que dis-je, autour du docteur Fergusson
—Brave garçon !
—D'ailleurs, vous venez avec nous, reprit Joe.
—Sans doute ! fit Kennedy ; c'est-à-dire je vous accompagne pour empêcher jusqu'au dernier moment Samuel de commettre une pareille folie ! Je le suivrai même jusqu'à Zanzibar, afin que là encore la main d'un ami l'arrête dans son projet insensé.