—Mais alors il faudra en revenir à mon canon d'un demi-mille de longueur.
—C'est évident, dit le major.
—Seize cent mille livres de poudre, reprit le secrétaire du Comité, occuperont un espace de vingt-deux mille pieds cubes[44] environ; or, comme votre canon n'a qu'une contenance de cinquante-quatre mille pieds cubes[45], il sera à moitié rempli, et l'âme ne sera plus assez longue pour que la détente des gaz imprime au projectile une suffisante impulsion.»
Il n'y avait rien à répondre. J.-T. Maston disait vrai. On regarda Barbicane.
«Cependant, reprit le président, je tiens à cette quantité de poudre. Songez-y, seize cent mille livres de poudre donneront naissance à six milliards de litres de gaz. Six milliards! Vous entendez bien?
—Mais alors comment faire? demanda le général.
—C'est très-simple; il faut réduire cette énorme quantité de poudre, tout en lui conservant cette puissance mécanique.
—Bon! mais par quel moyen?
—Je vais vous le dire,» répondit simplement Barbicane.