En effet, l'équipage au complet passe sur la plate-forme, le canot est mis à la traîne, un mouvement se produit, l'hélice bat à petits tours, et, à la surface des eaux, le tug se dirige vers Back-Cup, en contournant les récifs par le sud.

À trois encablures de là se dessine une seconde passe qui aboutit à l'îlot, et dont le tug suit les sinuosités. Dès qu'il accoste les premières assises de la base, ordre est donné à deux hommes de tirer le canot sur une étroite grève de sable que ne peuvent atteindre ni la houle ni le ressac, et où il est aisé de venir le reprendre, lorsque recommencent les campagnes de l'Ebba.

Cela fait, ces deux matelots remontent à bord du tug, et l'ingénieur Serkö me fait signe de descendre à l'intérieur.

Quelques marches d'un escalier de fer accèdent à une salle centrale, où sont entassés divers colis et ballots qui, sans doute, n'ont pu trouver place dans la cale déjà encombrée. Je suis poussé vers une cabine latérale, la porte se referme, et me voici de nouveau plongé au milieu d'une obscurité profonde.

Je l'ai reconnue, cette cabine, au moment où j'y suis entré. C'est bien celle où j'ai passé de si longues heures, après l'enlèvement de Healthful-House, et dont je ne suis sorti qu'au large du Pamplico-Sound.

Il est évident qu'il doit en être de Thomas Roch comme de moi, qu'il est chambré dans un autre compartiment.

Un bruit sonore se produit — le bruit du panneau qui se referme, et l'appareil ne tarde pas à s'immerger.

En effet, je sens un mouvement descensionnel, dû à l'introduction de l'eau dans les caissons du tug.

À ce mouvement en succède un autre, — un mouvement qui pousse le bateau sous-marin à travers les couches liquides.

Trois minutes plus tard, il stoppe, et j'ai l'impression que nous remontons à la surface…