—Du Caucase!» put ajouter Van Mitten, mais il était à bout d'imagination.

Ahmet se tenait un peu à l'écart. Il ne savait plus que répondre à son oncle, ne voulant pas provoquer une discussion qui aurait évidemment mal tourné.

«Eh bien, mon neveu, dit Kéraban d'un ton sec, comment ferons-nous pour passer cette rivière, puisqu'il n'y a pas ou puisqu'il n'y a plus de pont?—Oh! nous trouverons bien un gué! dit négligemment Ahmet. Il y a si peu d'eau!…

—A peine de quoi se mouiller les talons!… ajouta le Hollandais, qui certainement aurait mieux fait de se taire.

—Eh bien, Van Mitten, s'écria Kéraban, retroussez votre pantalon, entrez dans cette rivière, et nous vous suivons!

—Mais … je….

—Allons!… retroussez!… retroussez!»

Le fidèle Bruno crut devoir intervenir pour tirer son maître de cette mauvaise passe.

«C'est inutile, seigneur Kéraban, dit-il. Nous passerons sans nous mouiller les pieds. Il y a un bac.

—Ah! il y a un bac? répondit Kéraban. Il est vraiment heureux qu'on ait songé à installer un bac sur cette rivière … pour remplacer le pont emporté … ce fameux Pont-Euxin!… Pourquoi ne pas avoir dit plus tôt qu'il y avait un bac?—Et où est-il, ce bac?