—Mais le peut-il?….
—Il le peut si son capitaine connaît ce chenal, et tant que le feu lui indiquera sa direction!
—On ne peut rien pour le guider … pour lui porter secours? demanda
Kéraban.
—Rien!»
Soudain, un immense éclair enveloppa toute la maisonnette. Le coup de tonnerre éclata aussitôt. Kéraban et les siens furent comme paralysés par la commotion électrique. C'était miracle qu'ils n'eussent point été foudroyés à cette place, sinon directement, du moins par un choc en retour.
Au même instant, un fracas effroyable se faisait entendre. Une lourde masse s'abattit sur le toit qui s'effondra, et l'ouragan, se précipitant par cette large ouverture, saccagea l'intérieur de la salle, dont les murs de bois s'affaissèrent sur le sol.
Par un bonheur providentiel, aucun de ceux qui s'y trouvaient n'avait été blessé. Le toit, arraché, avait pour ainsi dire glissé vers la droite, tandis qu'ils étaient groupés dans l'angle à gauche près de la porte.
«Au dehors! au dehors!» cria l'un des gardiens en s'élançant sur les roches de la grève.
Tous l'imitèrent, et là, ils reconnurent à quelle cause était due cette catastrophe.
Le phare, foudroyé par une décharge électrique, s'était rompu à la base. Par suite, effondrement de la partie supérieure du pylône, qui, dans sa chute, avait défoncé le toit. Puis, en un instant, l'ouragan venait d'achever la démolition de la maisonnette.