«Que sais-tu? lui demanda-t-il.
—Je sais que ton père est innocent! Oui! Innocent! répéta Manoel, et qu'une condamnation capitale l'a frappé, il y a vingt-trois ans, pour un crime qu'il n'avait pas commis!
—Il t'a tout dit, Manoel?
—Tout, Benito! répondit le jeune homme. L'honnête fazender ne voulait pas que rien de son passé fût caché à celui qui allait devenir son second fils, en épousant sa fille!
—Et la preuve de son innocence, mon père peut-il enfin la produire au grand jour?
—Cette preuve, Benito, elle est toute dans ces vingt-trois ans d'une vie honorable et honorée, toute dans cette démarche de Joam Dacosta, qui venait dire à la justice: «Me voici! Je ne veux plus de cette fausse existence! Je ne veux plus me cacher sous un nom qui n'est pas mon vrai nom! Vous avez condamné un innocent! Réhabilitez-le!»
—Et mon père… lorsqu'il te parlait ainsi… tu n'as pas un instant hésité à le croire? s'écria Benito.
Pas un instant, frère!» répondit Manoel.
Les mains des deux jeunes gens se confondirent dans une même et cordiale étreinte.
Puis Benito allant au padre Passanha: