d p q =16—g v =13—o r x z =12—f s =10—e k l n p = 9—j t = 8—b i = 4—a c = 3—
«Ainsi donc, la lettre a s'y trouve trois fois seulement, s'écria le magistrat, elle qui devrait s'y rencontrer le plus souvent! Ah! voilà bien qui prouve surabondamment que sa signification a été changée! Et maintenant, après l'a ou l'o, quelles sont les lettres qui figurent le plus fréquemment dans notre langue? Cherchons.»
Et le juge Jarriquez, avec une sagacité vraiment remarquable, qui dénotait chez lui un esprit très observateur, se lança dans cette nouvelle recherche. En cela, il ne faisait qu'imiter le romancier américain, qui, par simple induction ou rapprochement, en grand analyste qu'il était, avait pu se reconstituer un alphabet, correspondant aux signes du cryptogramme, et arriver, par suite, à le lire couramment.
Ainsi fit le magistrat, et on peut affirmer qu'il ne fut point inférieur à son illustre maître. À force d'avoir «travaillé» les logogriphes, les mots carrés, les mots rectangulaires et autres énigmes, qui ne reposent que sur une disposition arbitraire des lettres, et s'être habitué, soit de tête, soit la plume à la main, à en tirer la solution, il était déjà d'une certaine force à ces jeux d'esprit.
En cette occasion, il n'eut donc pas de peine à établir l'ordre dans lequel les lettres se reproduisaient le plus souvent, voyelles d'abord, consonnes ensuite. Trois heures après avoir commencé son travail, il avait sous les yeux un alphabet qui, si son procédé était juste, devait lui donner la signification véritable des lettres employées dans le document.
Il n'y avait donc plus qu'à appliquer successivement les lettres de cet alphabet à celles de la notice.
Mais, avant de faire cette application, un peu d'émotion prit le juge Jarriquez. Il était tout entier, alors, à cette jouissance intellectuelle,—beaucoup plus grande qu'on ne le pense—, de l'homme qui, après plusieurs heures d'un travail opiniâtre, va voir apparaître le sens si impatiemment cherché d'un logogriphe.
«Essayons donc, dit-il. En vérité, je serais bien surpris si je ne tenais pas le mot de l'énigme!»
Le juge Jarriquez retira ses lunettes, il en essuya les verres, troublés par la vapeur de ses yeux, il les remit sur son nez; puis, il se courba de nouveau sur sa table.
Son alphabet spécial d'une main, son document de l'autre, il commença à écrire, sous la première ligne du paragraphe, les lettres vraies, qui, d'après lui, devaient correspondre exactement à chaque lettre cryptographique.