«Non, s'écria-t-il, non monsieur! Je ne renoncerai pas à l'espoir de découvrir ce nombre!

—On le pourrait peut-être, répondit le juge Jarriquez, si les lignes du document avaient été divisées par mots!

—Et pourquoi?

—Voici mon raisonnement, jeune homme. Il est permis d'affirmer en toute assurance, n'est-ce pas, que ce dernier paragraphe du document doit résumer tout ce qui a été écrit dans les paragraphes précédents. Donc, il est certain pour moi que le nom de Joam Dacosta s'y trouve. Eh bien, si les lignes eussent été divisées par mots, en essayant chaque mot l'un après l'autre,—j'entends les mots composés de sept lettres comme l'est le nom de Dacosta—, il n'aurait pas été impossible de reconstituer le nombre qui est la clef du document.

—Veuillez m'expliquer comment il faudrait procéder monsieur, demanda Manoel, qui voyait peut-être luire là un dernier espoir.

—Rien n'est plus simple, répondit le juge Jarriquez. Prenons, par exemple, un des mots de la phrase que je viens d'écrire,— mon nom, si vous le voulez. Il est représenté dans le cryptogramme par cette bizarre succession de lettres: ncuvktzgc. Eh bien, en disposant ces lettres sur une colonne verticale, puis, en plaçant en regard les lettres de mon nom, et en remontant de l'une à l'autre dans l'ordre alphabétique, j'aurai la formule suivante:

«Entre _n _et _j _on compte 4 lettres.—c a —2——u r —3——v r —4——k i —2——t q —3——z u —4——g e —2——c z —3—

«Or, comment est composée la colonne des chiffres produits par cette opération très simple? Vous le voyez! des chiffres 423423423, etc., c'est-à-dire du nombre 423 plusieurs fois répété.

Oui! cela est! répondit Manoel.

—Vous comprenez donc que par ce moyen, en remontant dans l'ordre alphabétique de la fausse lettre à la lettre vraie, au lieu de le descendre de la vraie à la fausse, j'ai pu arriver aisément à reconstituer le nombre, et que ce nombre cherché est effectivement 423 que j'avais choisi comme clef de mon cryptogramme!