—À Manoel Valdez, qui serait heureux que monsieur votre frère voulût bien le présenter…
—Ah! au diable ces maudites façons! s'écria Benito. Mauvaise idée que j'ai eue là!… Soyez fiancés, mes amis! Soyez-le tant qu'il vous plaira! Soyez-le toujours!
—Toujours!» dit Minha, à qui ce mot échappa si naturellement que les éclats de rire de Lina redoublèrent. Un regard reconnaissant de Manoel récompensa la jeune fille de l'imprudence de sa langue. «Si nous marchions, nous parlerions moins! En route!»
cria Benito, pour tirer sa soeur d'embarras.
Mais Minha n'était pas pressée.
«Un instant, frère! dit-elle, tu l'as vu! j'allais t'obéir! Tu voulais nous obliger à nous oublier, Manoel et moi, pour ne pas gâter ta promenade! Eh bien, j'ai à mon tour un sacrifice à te demander pour ne pas gâter la mienne! Tu vas, s'il te plaît, et même si cela ne te plaît pas, me promettre, toi, Benito, en personne, d'oublier…
—D'oublier?…
—D'oublier que tu es chasseur, monsieur mon frère!
—Quoi! tu me défends?…
—Je te défends de tirer tous ces charmants oiseaux, ces perroquets, ces perruches, ces caciques, ces couroucous, qui volent si joyeusement à travers la forêt! Même interdiction pour le menu gibier, dont nous n'avons que faire aujourd'hui! Si quelque onça, jaguar ou autre, nous approche de trop près, soit!