C'est le droit de marcher le premier à la guerre!» répondit simplement l'Indien.
La guerre, on le sait, fut pendant longtemps le plus sûr et le plus rapide véhicule de la civilisation. Aussi, les Brésiliens firent-ils ce que faisait cet Indien: ils luttèrent, ils défendirent leur conquête, ils l'étendirent, et c'est au premier rang qu'on les voit marcher dans la voie de la civilisation.
Ce fut en 1824, seize ans après la fondation de l'empire Luso-Brésilien, que le Brésil proclama son indépendance par la voix de don Juan, que les armées françaises avaient chassé du Portugal.
Restait à régler la question de frontières entre le nouvel empire et le Pérou, son voisin.
La chose n'était pas facile.
Si le Brésil voulait s'étendre jusqu'au Rio-Napo, dans l'ouest, le Pérou, lui, prétendait s'élargir jusqu'au lac d'Ega, c'est-à-dire huit degrés plus à l'ouest.
Mais, entre temps, le Brésil dut intervenir pour empêcher l'enlèvement des Indiens de l'Amazone, enlèvement qui se faisait au profit des Missions hispano-brésiliennes. Il ne trouva pas de meilleur moyen pour enrayer cette sorte de traite que de fortifier l'île de la Ronde, un peu au-dessus de Tabatinga, et d'y établir un poste.
Ce fut une solution, et, depuis cette époque, la frontière des deux pays passe par le milieu de cette île.
Au-dessus, le fleuve est péruvien et se nomme Marafion, ainsi qu'il a été dit.
Au-dessous, il est brésilien et prend le nom de rivière des
Amazones.