—Mon ami affirme, répliqua l'ingénieur, et j'affirme après lui, que cet animal artificiel pourrait résister à la traction de dix couples de chevaux, et que vos trois éléphants, attelés ensemble, ne parviendraient pas à le faire reculer d'une semelle!
—Je n'en crois absolument rien, répondit le prince.
—Vous avez tort de n'en croire absolument rien, répondit le capitaine Hod.
—Et lorsque Votre Hautesse voudra y mettre le prix, ajouta Banks, je m'engage à lui en fournir un qui aura la force de vingt éléphants choisis parmi les meilleurs de ses écuries!
—Cela se dit, répliqua très sèchement Gourou Singh.
—Et cela se fait,» répondit Banks. Le prince commençait à s'animer. On voyait qu'il ne supportait pas facilement la contradiction. «On pourrait faire l'expérience ici même, dit-il, après un instant de réflexion.
—On le peut, répondit l'ingénieur.
—Et même, ajouta le prince Gourou Singh, faire de cette expérience l'objet d'un pari considérable,—à moins que vous ne reculiez devant la crainte de le perdre, comme reculerait votre éléphant, sans doute, s'il avait à lutter avec les miens!
—Géant d'Acier, reculer! s'écria le capitaine Hod. Qui ose prétendre que Géant d'Acier reculerait?
—Moi, répondit Gourou Singh.