Et, d'un coup rapide, qui fut suivi d'un hennissement de vapeur, le sabotage atmosphérique fut appliqué instantanément.

Le Géant d'Acier s'arrêta et ne bougea plus.

Les mahouts excitèrent les trois éléphants, qui, les muscles tendus, firent un nouvel effort. Ce fut inutile. Notre éléphant semblait être enraciné au sol. Le prince Gourou Singh se mordit les lèvres jusqu'au sang. Le capitaine Hod battit des mains. «En avant! cria Banks.

—Oui, en avant, répéta le capitaine, en avant!»

Le régulateur fut ouvert en grand, de grosses volutes de vapeur s'échappèrent coup sur coup de la trompe, les roues décalées tournèrent lentement en mordant le macadam de la route, et voilà les trois éléphants, malgré leur résistance effroyable, entraînés à reculons, en creusant dans le sol de profondes ornières.

«Go ahead! Go ahead!» hurlait le capitaine Hod.

Et, le Géant d'Acier allant toujours de l'avant, les trois énormes animaux tombèrent sur le flanc, et furent traînés pendant une vingtaine de pas, sans que notre éléphant parût même s'en apercevoir.

«Hurrah! hurrah! hurrah! criait le capitaine Hod, qui n'était plus maître de lui. On peut joindre à ses éléphants tout le séraï de Sa Hautesse! Cela ne pèsera pas plus qu'une guigne à notre Géant d'Acier!»

Le colonel Munro fit un signe de la main. Banks ferma le régulateur, et l'appareil s'arrêta.

Rien de plus piteux à voir que les trois éléphants de Sa Hautesse, la trompe affolée, les pattes en l'air, qui s'agitaient comme de gigantesques scarabées renversés sur le dos!