—Nous l'acceptons volontiers pour guide.
—Maintenant, messieurs, ajouta Mathias Van Guitt, bonne chance!
Mais promettez-moi de ne pas tout massacrer!
—Nous vous en laisserons!» répondit le capitaine Hod. Et Mathias
Van Guitt, nous saluant d'un geste superbe, disparut sous les
arbres à la suite de la cage roulante. «En route, dit le capitaine
Hod, en route, mes amis. À mon quarante-deuxième!
—À mon trente-huitième! répondit Fox.
—À mon premier!» ajoutai-je. Mais le ton avec lequel je prononçai ces mots fit sourire le capitaine. Évidemment, je n'avais pas le feu sacré. Hod s'était retourné vers Kâlagani. «Tu connais bien le Tarryani? lui demanda-t-il.
—Je l'ai vingt fois parcouru, nuit et jour, dans toutes les directions, répondit l'Indou.
—As-tu entendu dire qu'un tigre ait été plus particulièrement signalé aux environs du kraal?
—Oui, mais ce tigre est une tigresse. Elle a été vue à deux milles d'ici, dans le haut de la forêt, et, depuis quelques jours, on cherche à s'en emparer. Voulez-vous que…
—Si nous voulons!» répondit le capitaine Hod, sans laisser à l'Indou le temps d'achever sa phrase. En effet, nous n'avions rien de mieux à faire qu'à suivre Kâlagani, et c'est ce qui fut fait.
Il n'est pas douteux que les fauves ne soient très nombreux dans le Tarryani, et là, comme ailleurs, il ne leur faut pas moins de deux boeufs par semaine pour leur consommation particulière! Calculez ce que cet «entretien» coûte à la péninsule entière!