—C'est vous qui l'avez tuée, capitaine, et cela fait votre quarante-sixième!
—Hurrah! hurrah! crièrent les Indous! Hurrah pour le capitaine
Hod!»
Et, en vérité, le capitaine avait bien le droit de porter cette tigresse à son compte, mais il paya Kâlagani d'une bonne poignée de main.
«Revenez à Steam-House, dit Banks à Kâlagani. Vous avez l'épaule déchirée d'un coup de griffe, mais nous trouverons dans la pharmacie de voyage de quoi soigner votre blessure.»
Kâlagani s'inclina en signe d'acquiescement, et tous, après avoir pris congé des montagnards de Souari, qui n'épargnèrent pas leurs remerciements, nous nous dirigeâmes vers le sanitarium.
Les chikaris nous quittèrent pour retourner au kraal. Cette fois encore, ils y revenaient les mains vides, et si Mathias Van Guitt avait compté sur cette «reine du Tarryani», il lui faudrait en faire son deuil. Il est vrai que, dans ces conditions, il eût été impossible de la prendre vivante.
Vers midi, nous étions arrivés à Steam-House. Là, incident inattendu. À notre extrême désappointement, le colonel Munro, le sergent Mac Neil et Goûmi étaient partis.
Un billet, adressé à Banks, lui disait de ne pas s'inquiéter de leur absence, que sir Edward Munro, désireux de pousser une reconnaissance jusqu'à la frontière du Népaul, voulait encore éclaircir certains doutes relatifs aux compagnons de Nana Sahib, et qu'il serait de retour avant l'époque à laquelle nous devions quitter l'Himalaya.
À la lecture de ce billet, il me sembla qu'un mouvement de contrariété, presque involontaire, échappait à Kâlagani.
Pourquoi ce mouvement? Je me trompais, sans doute.