La tigresse roula à terre.
Cinq secondes au plus avaient suffi aux diverses péripéties de cette émouvante scène.
Le capitaine Hod était encore à genoux quand nous arrivâmes près de lui. Kâlagani, l'épaule ensanglantée, venait de se relever.
«Bag mahryaga! Bag mahryaga!» criaient les Indous,—ce qui signifiait: la tigresse est morte!
Oui, bien morte! Quel superbe animal! Dix pieds de longueur du museau à l'extrémité de la queue, taille à proportion, des pattes énormes, armées de longues griffes acérées, qui semblaient avoir été affûtées sur la meule de l'aiguiseur!
Tandis que nous admirions ce fauve, les Indous, très rancuniers et à bon droit, l'accablaient d'invectives. Quant à Kâlagani, il s'était approché du capitaine Hod.
«Merci, capitaine! dit-il.
—Comment! merci? s'écria Hod. Mais c'est bien moi, mon brave, qui te dois des remerciements! Sans ton aide, c'en était fait de l'un des capitaines du 1er escadron de carabiniers de l'armée royale!
—Sans vous, je serais mort! répondit froidement l'indou.
—Eh! mille diables! Ne t'es-tu pas élancé, le couteau à la main, pour poignarder cette tigresse, au moment où elle allait me fracasser le crâne!