—Hum!» fit le capitaine Hod, dont la confiance me parut quelque peu ébranlée. Quel parti prendre? Kâlagani fut consulté. Il ne cacha point l'inquiétude qu'il éprouvait. Pouvait-on songer à quitter le campement, au milieu de cette nuit obscure? C'était impossible. À quoi cela eût-il servi, d'ailleurs? La troupe d'éléphants nous aurait certainement suivis, et les difficultés eussent été plus grandes que pendant le jour. Il fut donc convenu que le départ ne s'effectuerait qu'à la première aube. On marcherait avec toute la prudence et toute la célérité possibles, mais sans effaroucher ce redoutable cortège. «Et si ces animaux s'entêtent à nous escorter? demandai-je.

—Nous essayerons de gagner quelque endroit où Steam-House puisse se mettre hors de leurs atteintes, répondit Banks.

—Trouverons-nous cet endroit, avant notre sortie des Vindhyas? dit le capitaine Hod.

—Il en est un, répondit l'Indou.

—Lequel? demanda Banks.

—Le lac Puturia.

—À quelle distance est-il?

—À neuf milles environ.

—Mais les éléphants nagent, répondit Banks, et mieux peut-être qu'aucun autre quadrupède! On en a vu se soutenir à la surface de l'eau pendant plus d'une demi-journée! Or, n'est-il pas à craindre qu'ils ne nous suivent sur le lac Puturia, et que la situation de Steam-House n'en soit encore plus compromise?

—Je ne vois pas d'autre moyen de se soustraire à leur attaque! dit l'Indou.