«Les gueux! les canailles!» s'écria le capitaine Hod, que plusieurs Indous pouvaient à peine contenir.
Mais, comme nous, il en était réduit à d'inutiles injures, que ces Indous ne semblaient même pas comprendre. Quant à échapper à ceux qui nous gardaient, il n'y fallait pas songer.
Les dernières flammes s'éteignirent, et il ne resta bientôt plus que la carcasse informe de cette pagode roulante, qui venait de traverser une moitié de la péninsule!
Les Indous s'étaient ensuite attaqués à notre Géant d'Acier. Ils auraient voulu le détruire, lui aussi! Mais là, ils furent impuissants. Ni la hache ni le feu ne pouvaient rien contre l'épaisse armature de tôle qui formait le corps de l'éléphant artificiel, ni contre la machine qu'il portait en lui. Malgré leurs efforts, il demeura intact, aux applaudissements du capitaine Hod, qui poussait des hurrahs de plaisir et de rage.
En ce moment, un homme parut. Ce devait être le chef de ces
Indous.
Toute la bande vint aussitôt se ranger devant lui.
Un autre homme l'accompagnait. Tout s'expliqua. Cet homme, c'était notre guide, c'était Kâlagani.
De Goûmi, il n'y avait pas trace. Le fidèle avait disparu, le traître était resté. Sans doute, le dévouement de notre brave serviteur lui avait coûté la vie, et nous ne devions plus le revoir! Kâlagani s'avança vers le colonel Munro, et, froidement, sans baisser les yeux, le désignant:
«Celui-ci!» dit-il.
Sur un geste, sir Edward Munro fut saisi, entraîné, et il disparut au milieu de la bande, qui remontait la route vers le sud, sans avoir pu ni nous serrer une dernière fois la main, ni nous donner un dernier adieu!