Le capitaine Hod, Banks, le sergent, Fox, tous, nous avions voulu nous dégager pour l'arracher aux mains de ces Indous!…

Cinquante bras nous avaient couchés à terre. Un mouvement de plus, nous étions égorgés.

«Pas de résistance!» dit Banks.

L'ingénieur avait raison. Nous ne pouvions rien, en ce moment, pour délivrer le colonel Munro. Mieux valait donc se réserver en vue des événements ultérieurs.

Un quart d'heure après, les Indous nous abandonnaient à leur tour, et se lançaient sur les traces de la première bande. Les suivre eût amené une catastrophe, sans profit pour le colonel Munro, et, cependant, nous allions tout tenter pour le rejoindre…

«Pas un pas de plus,» dit Banks.

On lui obéit.

En somme, c'était donc bien au colonel Munro, à lui seul, qu'en voulaient ces Indous, amenés par Kâlagani. Quelles étaient les intentions de ce traître? Il ne pouvait agir pour son propre compte, évidemment. Mais alors à qui obéissait-il?… Le nom de Nana Sahib se présenta à mon esprit!…

Ici s'arrête le manuscrit qui a été rédigé par Maucler. Le jeune Français ne devait plus rien voir des événements qui allaient précipiter le dénouement de ce drame. Mais ces événements ont été connus plus tard, et, réunis sous la forme d'un récit, ils complètent la relation de ce voyage à travers l'Inde septentrionale.

CHAPITRE XI
Face à face.