—À mort! à mort!» s'écrièrent les Dacoits et les Indous rangés autour de Nana Sahib. Le nabab leur imposa silence de la main, et attendit que le colonel Munro voulût lui répondre. Le colonel ne répondit pas. «Quant à toi, Munro, reprit le nabab, tu as tué de ta main la Rani de Jansi, ma fidèle compagne… et elle n'est pas encore vengée!» Pas de réponse du colonel Munro.

«Enfin, il y a quatre mois, dit Nana Sahib, mon frère Balao Rao est tombé sous les balles anglaises dirigées contre moi… et mon frère n'est pas encore vengé!

—À mort! À mort!» Ces cris éclatèrent avec plus de violence, celle fois, et toute la bande fit un mouvement pour se ruer sur le prisonnier.

«Silence! s'écria Nana Sahib. Attendez l'heure de la justice!»

Tous se turent.

«Munro, reprit le nabab, c'est un de tes ancêtres, c'est Hector Munro, qui a osé appliquer pour la première fois cet épouvantable supplice, dont les tiens ont fait un si terrible usage pendant la guerre de 1857! C'est lui qui a donné l'ordre d'attacher vivants, à la bouche de ses canons, des Indous, nos parents, nos frères…»

Nouveaux cris, nouvelles démonstrations, que Nana Sahib n'aurait pu réprimer cette fois. Aussi:

«Représailles pour représailles! ajouta-t-il. Munro, tu périras comme tant des nôtres ont péri!»

Puis, se retournant:

«Vois ce canon!»