«Hurrah! hurrah pour notre Géant! s'écria le capitaine Hod, qui ne pouvait se contenir! Ah! les canailles! Ils ne l'auront pas!»
Mais, à l'extrémité de cette partie rectiligne de la route, une sorte de défilé montant et sinueux, dernier col du revers méridional des Vindhyas, allait nécessairement retarder la marche de Banks et de ses compagnons. Kâlagani et les autres, le sachant bien, n'abandonnèrent pas leur poursuite.
Le Géant d'Acier eut rapidement atteint cet étranglement du chemin, qui se glissait entre deux hauts talus rocheux.
Il fallut alors ralentir la vitesse et ne plus avancer qu'avec une extrême précaution. Par suite de ce retard, les Indous regagnèrent tout le terrain perdu. S'ils n'avaient plus l'espoir de sauver Nana Sahib, qui était à la merci d'un coup de poignard, du moins ils vengeraient sa mort.
Bientôt, de nouvelles détonations éclatèrent, mais sans atteindre aucun de ceux qu'emportait le Géant d'Acier.
«Cela va devenir sérieux! dit le capitaine Hod, en épaulant sa carabine. Attention!»
Goûmi et lui firent feu, simultanément. Deux des Indous les plus rapprochés, frappés en pleine poitrine, tombèrent sur le sol. «Deux de moins! dit Goûmi, en rechargeant son arme.
—Deux pour cent! s'écria le capitaine Hod. Ce n'est pas assez!
Il faut leur prendre plus cher que cela!»
Et les carabines du capitaine et de Goûmi, auxquelles se joignit le fusil de Fox, atteignirent mortellement trois autres Indous.
Mais, à s'avancer à travers ce sinueux défilé, on n'allait pas vite. En même temps qu'elle se rétrécissait, la route, on le sait, offrait une rampe très prononcée. Pourtant, encore un demi-mille, et la dernière rampe des Vindhyas serait franchie, et le Géant d'Acier déboucherait à cent pas d'un poste, presque en vue de la station de Jubbulpore!