Les Indous n'étaient pas gens à reculer devant le feu du capitaine Hod et de ses compagnons. Leur vie ne comptait plus quand il s'agissait de sauver ou de venger Nana Sahib! Dix, vingt d'entre eux tomberaient sous les balles, mais quatre-vingts seraient encore là pour se jeter sur le Géant d'Acier et avoir raison de la petite troupe, à laquelle il servait de citadelle roulante! Aussi redoublèrent-ils d'efforts afin de rejoindre ceux qu'ils poursuivaient.

Kâlagani n'ignorait pas, d'ailleurs, que le capitaine Hod et les siens devaient en être à leurs dernières cartouches, et que bientôt fusils et carabines ne seraient plus que des armes inutiles entre leurs mains.

En effet, les fugitifs avaient épuisé la moitié des munitions qui leur restaient, et ils allaient être dans l'impossibilité de se défendre.

Cependant, quatre coups de feu retentirent encore, et quatre
Indous tombèrent.

Il ne restait plus au capitaine Hod et à Fox que deux coups à tirer.

À ce moment, Kâlagani, qui s'était ménagé jusque-là, se porta en avant plus que la prudence ne le voulait.

«Ah! toi! je te tiens!» s'écria le capitaine Hod, en le visant avec le plus grand calme.

La balle ne quitta la carabine du capitaine que pour aller frapper le traître au milieu du front. Ses mains s'agitèrent un instant, il tourna sur lui-même et tomba.

À cet instant, l'extrémité sud du défilé apparut. Le Géant d'Acier fit un suprême effort. Une dernière fois, la carabine de Fox se fit entendre. Un dernier Indou roula à terre.

Mais les Indous s'aperçurent presque aussitôt que le feu avait cessé, et ils se lancèrent à l'assaut de l'éléphant, dont ils n'étaient plus qu'à cinquante pas.