Nicolas Starkos se rejeta en arrière. Puis, il s'échappa de l'enclos, il reprit le sentier de la falaise, il descendit à grands pas, sans se retourner, comme si une main invisible l'eût poussé par les épaules.
Andronika, immobile sur le seuil de sa maison, le vit disparaître au milieu de la nuit.
Dix minutes après, Nicolas Starkos, ne laissant rien voir de son émotion, redevenu maître de lui-même, atteignait le port où il hélait son gig et s'y embarquait. Les dix hommes choisis par Gozzo se trouvaient déjà à bord de la sacolève.
Sans prononcer un seul mot, Nicolas Starkos monta sur le pont de la Karysta, et, d'un signe, il donna l'ordre d'appareiller.
La manoeuvre fut rapidement faite. Il n'y eut qu'à hisser les voiles disposées pour un prompt départ. Le vent de terre, qui venait de se lever, rendait facile la sortie du port.
Cinq minutes plus tard, la Karysta franchissait les passes, sûrement, silencieusement, sans qu'un seul cri eût été poussé par les hommes du bord ni par les gens de Vitylo.
Mais la sacolève n'était pas à un mille au large, qu'une flamme illuminait la crête de la falaise.
C'était l'habitation d'Andronika Starkos qui brûlait jusque dans ses fondations. La main de la mère avait allumé cet incendie. Elle ne voulait pas qu'il restât un seul vestige de la maison où son fils était né.
Pendant trois milles encore, le capitaine ne put détacher son regard de ce feu qui brillait sur la terre du Magne, et il le suivit dans l'ombre jusqu'à son dernier éclat.
Andronika l'avait dit: