—Non, Rotzko.

—Alors je vais fumer ma pipe sur la terrasse.

—Va, Rotzko, va.»

A demi couché dans un fauteuil, Franz se laissa aller de nouveau à remonter le cours inoubliable du passé. Il était à Naples pendant la dernière représentationdu théâtre San-Carlo... Il revoyait le baron de Gortz, au moment où cet homme lui était apparu, la tête hors de sa loge, ses regards ardemment fixés sur l'artiste, comme s'il eût voulu la fasciner...

Puis, la pensée du jeune comte se reporta sur cette lettre signée de l'étrange personnage, qui l'accusait, lui, Franz de Télek, d'avoir tué la Stilla...

Tout en se perdant ainsi dans ses souvenirs, Franz sentait le sommeil le gagner peu à peu. Mais il était encore en cet état mixte où l'on peut percevoir le moindre bruit, lorsque se produisit un phénomène surprenant.

Il semble qu'une voix, douce et modulée, passe à travers dans cette salle où Franz est seul, bien seul pourtant.

Sans se demander s'il rêve ou non, Franz se relève et il écoute.

Oui! on dirait qu'une bouche s'est approchée de son oreille, et que des lèvres invisibles laissent échapper l'expressive mélodie de Stéfano, inspirée par ces paroles:

Nel giardino de' mille fiori,
Andiamo, mio cuore...