Cette romance, Franz la connaît... Cette romance, d'une ineffable suavité, la Stilla l'a chantée dans le concert qu'elle a donné au théâtre San-Carlo avant sa représentation d'adieu...

Comme bercé, sans s'en rendre compte Franz s'abandonne au charme de l'entendre encore une fois...

Puis la phrase s'achève, et la voix, qui diminue par degrés, s'éteint avec les molles vibrations de l'air.

Mais Franz a secoué sa torpeur... Il s'est dressé brusquement... Il retient son haleine, il cherche à saisir quelque lointain écho de cette voix qui lui va au cœur...

Tout est silence au-dedans et au-dehors.

«Sa voix!... murmure-t-il. Oui!... c'était bien sa voix... sa voix que j'ai tant aimée!»

Puis, revenant au sentiment de la réalité «je dormais... et j'ai rêvé!» dit-il.

XI

Le lendemain, le jeune comte se réveilla dès l'aube, l'esprit encore troublé des visions de la nuit.

C'était dans la matinée qu'il devait partir du village de Werst pour prendre la route de Kolosvar.