—Penellan!» cria Jean Cornbutte.
Penellan entra.
«Penellan, il n'y a pas à revenir sur ce qui est fait, mais souviens-toi que tu es responsable de l'existence de Marie!
—Soyez tranquille, capitaine, répondit Penellan. La petite a force et courage, et elle nous servira d'ange gardien. Et puis, capitaine, vous connaissez mon idée: tout est pour le mieux dans ce monde.»
La jeune fille fut installée dans une cabine, que les matelots disposèrent pour elle en peu d'instants et qu'ils rendirent aussi confortable que possible.
Huit jours plus tard, la Jeune-Hardie relâchait aux Feroë, mais les plus minutieuses explorations demeurèrent sans fruit. Aucun naufragé, aucun débris de navire n'avait été recueilli sur les côtes. La nouvelle même de l'événement y était entièrement inconnue. Le brick reprit donc son voyage, après dix jours de relâche, vers le 10 juin. L'état de la mer était bon, les vents fermes. Le navire fut rapidement poussé vers les côtes de Norwége, qu'il explora sans plus de résultat.
Jean Cornbutte résolut de se rendre à Bodoë. Peut-être apprendrait-il là le nom du navire naufragé au secours duquel s'étaient précipités Louis Cornbutte et ses deux matelots.
Le 30 juin, le brick jetait l'ancre dans ce port
Là, les autorités remirent à Jean Cornbutte une bouteille trouvée à la côte, et qui renfermait un document ainsi conçu:
«Ce 26 avril, à bord du Froöern, après avoir été accostés par la chaloupe de la Jeune-Hardie, nous sommes entraînés par les courants vers les glaces! Dieu ait pitié de nous!»