—Ah!.. fit pour la seconde fois le pilote, qui voyait déjà ouverte la porte de sa prison.

Le juge, se faisant plus étranger et plus indifférent encore, murmura sans paraître y attacher la moindre importance:

—Le commissaire de police de Gran, chargé de l'enquête, a eu la bonne fortune de lui parler à lui-même.

—A lui-même? répéta Serge Ladko qui ne comprenait pas.

—A lui-même, affirma le juge.

Serge Ladko croyait rêver. Comment un autre Ilia Brusch avait-il pu être trouvé à Szalka?

—Ce n'est pas possible, Monsieur, balbutia-t-il. Il y a erreur.

—Jugez-en vous-même, répliqua le juge. Voici le rapport du commissaire de police de Gran. Il en résulte que ce magistrat, déférant à la commission rogatoire que je lui ai adressée, s'est transporté le 14 septembre à Szalka et qu'il s'est rendu dans une maison sise au coin du chemin de halage et de la route de Budapest.... C'est bien l'adresse que vous avez donnée, je pense? demanda le juge en s'interrompant.

—Oui, Monsieur, répondit Serge Ladko d'un air égaré.

—... et de la route de Budapest, reprit M. Rona; qu'il a été reçu dans la dite maison, par le sieur Ilia Brusch en personne, lequel a déclaré n'être que tout récemment revenu d'une assez longue absence. Le commissaire ajoute que les renseignements qu'il a pu recueillir sur le sieur Ilia Brusch tendent à établir sa parfaite honorabilité, et qu'aucun autre habitant de Szalka ne porte ce nom.... Avez-vous quelque chose à dire? Ne vous gênez pas, je vous prie.