«Triste dénouement à une campagne si heureuse jusque-là!… conclut John Cort. Et qui sait s'il ne sera pas suivi d'un second non moins désastreux?…

— C'est possible, mais, à mon avis, ce n'est pas probable, mon cher John…

— En effet, j'exagère peut-être…

— Certes, et cette forêt n'a pas plus de mystère que vos grands bois du Far West!… Nous n'avons pas même une attaque de Peaux- Rouges à redouter!… Ici, ni nomades, ni sédentaires, ni Chiloux, ni Denkas, ni Monbouttous, ces féroces tribus qui infestent les régions du nord-est en criant: «Viande! viande!» comme de parfaits anthropophages qu'ils n'ont jamais cessé d'être!… Non, et ce cours d'eau auquel nous avons donné le nom du docteur Johausen, dont j'aurais tant désiré de retrouver la trace, ce rio, tranquille et sûr, nous conduira sans fatigues à son confluent avec l'Oubanghi…

— L'Oubanghi, mon cher Max, que nous eussions également atteint en contournant la forêt, en suivant l'itinéraire de ce pauvre Urdax, et cela dans un confortable chariot où rien ne nous eût manqué jusqu'au terme du voyage!

— Vous avez raison, John, et cela eût mieux valu!… Décidément, cette forêt est des plus banales et ne mérite pas d'être visitée!… Ce n'est qu'un bois, un grand bois, rien de plus!… Et, pourtant, elle avait piqué ma curiosité au début… Vous vous rappelez ces flammes qui éclairaient sa lisière, ces torches qui brillaient à travers les branches de ses premiers arbres!… Puis, personne!… Où diable ont pu passer ces négros?… Je me prends parfois à les chercher dans la ramure des baobabs, des bombax, des tamarins et autres géants de la famille forestière!… Non… pas un être humain…

— Max… dit en ce moment John Cort.

— John?… répondit Max Huber.

— Voulez-vous regarder dans cette direction… en aval, sur la rive gauche?…

— Quoi?… Un indigène?…