«À la berge… à la berge!» cria Khamis.
Il était alors six heures et demie, et, par ce temps brumeux, le crépuscule ne laissait déjà plus qu'une douteuse clarté, qui ne permettait guère de distinguer les objets.
Cette difficulté, ajoutée à tant d'autres, compliquait la manoeuvre.
Ce fut en vain que Khamis essaya de diriger le radeau vers la berge. Ses forces n'y suffisaient pas. Max Huber se joignit à lui afin de résister au courant qui portait en droite ligne vers le centre du barrage. À deux, ils obtinrent un certain résultat, et auraient réussi à sortir de cette dérive, si la godille ne se fût rompue.
«Soyons prêts à nous jeter sur les roches, avant d'être engagés dans le rapide… commanda Khamis.
— Pas autre chose à faire!» répondit John Cort.
À tout ce bruit, Llanga venait de quitter le taud. Il regarda, il comprit le danger… Au lieu de songer à lui, il songea à l'autre, au petit. Il vint le prendre dans ses bras, et s'agenouilla à l'arrière.
Une minute après, le radeau était repris par le rapide. Toutefois, peut-être ne heurterait-il pas le barrage et descendrait-il sans chavirer?…
La mauvaise chance l'emporta, et ce fut contre un des rochers de gauche que le fragile appareil butta avec une violence extrême. En vain Khamis et ses compagnons essayèrent-ils de s'accrocher au barrage, sur lequel ils parvinrent à lancer la caisse de cartouches, les armes, les ustensiles…
Tous furent précipités dans le tourbillon à l'instant où s'écrasait le radeau, dont les débris disparurent en aval au milieu des eaux mugissantes.