— Allons», dit Khamis.

Le foreloper remonta la sente de quelques pas. Aussitôt la torche de s'éloigner. Le porteur s'était-il donc aperçu que ces trois étrangers venaient de se mettre en mouvement?… Voulait-on éclairer leur marche sous ces obscurs massifs de la forêt, les ramener vers le rio Johausen ou tout autre cours d'eau tributaire de l'Oubanghi?…

Ce n'était pas le cas de temporiser. Il fallait d'abord suivre cette lumière, puis tenter de reprendre la route vers le sud- ouest.

Et les voici suivant l'étroit sentier, sur un sol dont les herbes étaient refoulées depuis longtemps, les lianes rompues, les broussailles écartées par le passage des hommes ou des animaux.

Sans parler des arbres que Khamis et ses compagnons avaient déjà rencontrés, il en était d'autres d'espèce plus rare, tel le gura crepitans à fruits explosibles, qui ne s'était encore trouvé qu'en Amérique dans la famille des euphorbiacées, dont l'écorce tendre renferme une substance laiteuse, et dont la noix éclate à grand bruit en lançant au loin sa semence; tel le tsofar, l'arbre siffleur, entre les branches duquel le vent sifflait comme à travers une fente, et qui n'avait été signalé que dans les forêts nubiennes.

John Cort, Max Huber et Khamis marchèrent ainsi pendant trois heures environ, et, lorsqu'ils firent halte après cette première étape, la lumière s'arrêta au même instant…

«Décidément, c'est un guide, déclara Max Huber, un guide d'une parfaite complaisance!… Si nous savions seulement où il nous mène…

— Qu'il nous sorte de ce labyrinthe, répondit John Cort, et je ne lui en demande pas davantage!… Eh bien, Max, tout cela, est-ce assez extraordinaire?…

— Assez… en effet!…

— Pourvu que cela ne le devienne pas trop, cher ami!» ajouta John
Cort.