Pendant l'après-midi, le sinueux sentier ne cessa de courir sous les frondaisons de plus en plus opaques. Khamis se tenait en tête, ses compagnons derrière lui, en file indienne, car il n'y avait passage que pour une seule personne. S'ils pressaient parfois le pas, afin de se rapprocher de leur guide, celui-ci, pressant également le sien, maintenait invariablement sa distance.
Vers six heures du soir, d'après l'estime, quatre à cinq lieues avaient dû être franchies depuis le départ. Cependant, l'intention de Khamis, en dépit de la fatigue, était de suivre la lumière, tant qu'elle se montrerait, et il allait se remettre en marche, lorsqu'elle s'éteignit soudain.
«Faisons halte, dit John Cort. C'est évidemment une indication qui nous est donnée…
— Ou plutôt un ordre, observa Max Huber.
— Obéissons donc, répliqua le foreloper, et passons la nuit en cet endroit.
— Mais demain, ajouta John Cort, la lumière va-t-elle reparaître?…»
C'était la question.
Tous trois s'étendirent au pied d'un arbre. On se partagea un morceau de buffle, et, heureusement, il fut possible de se désaltérer à un petit filet liquide qui serpentait sous les herbes. Bien que les pluies fussent fréquentes dans cette région forestière, il n'était pas tombé une seule goutte d'eau depuis quarante-huit heures.
«Qui sait même, remarqua John Cort, si notre guide n'a pas précisément choisi cet endroit parce que nous y trouverions à nous désaltérer?…
— Délicate attention», avoua Max Huber, en puisant un peu de cette eau fraîche au moyen d'une feuille roulée en cornet.