Ce soir-là, à l'instant où s'éteignit la torche, Khamis, John Cort et Max Huber s'arrêtèrent. Il faisait nuit, sans doute, car une obscurité profonde enveloppait ce massif. Très fatigués de ces longues étapes, après avoir achevé le morceau d'antilope, après s'être désaltérés d'eau fraîche, tous trois s'étendirent au pied d'un arbre et s'endormirent…

Et — en rêve assurément — est-ce que Max Huber ne crut pas entendre le son d'un instrument qui jouait au-dessus de sa tête la valse si connue du Freyschutz de Weber!…

CHAPITRE XIII Le village aérien

Le lendemain, à leur réveil, le foreloper et ses compagnons observaient, non sans grande surprise, que l'obscurité était plus profonde encore en cette partie de la forêt. Faisait-il jour?… ils n'auraient pu l'affirmer. Quoi qu'il en soit, la lumière qui les guidait depuis soixante heures ne reparaissait pas. Donc nécessité d'attendre qu'elle se montrât pour reprendre la marche.

Toutefois, une remarque fut faite par John Cort — remarque dont ses compagnons et lui déduisirent aussitôt certaines conséquences:

«Ce qui est à noter, dit-il, c'est que nous n'avons point eu de feu ce matin et personne n'est venu pendant notre sommeil nous apporter notre ordinaire…

— C'est d'autant plus regrettable, ajouta Max Huber, qu'il ne reste plus rien…

— Peut-être, reprit le foreloper, cela indique-t-il que nous sommes arrivés…

— Où?… demanda John Cort.

— Où l'on nous conduisait, mon cher John!»