Or, il arriva que, dans cet après-midi, un peu avant trois heures, le ngoro, la ngora et le petit vinrent trouver Khamis et ses compagnons.

Et, tout d'abord, il y eut à remarquer que la famille s'était parée de ses plus beaux vêtements — le père, coiffé d'un couvre- chef à plumes et drapé dans son manteau d'écorce, — la mère, enjuponnée de cette étoffe d'agoulie de fabrication wagddienne, quelques feuilles vertes dans les cheveux, au cou un chapelet de verroteries et de menues ferrailles — l'enfant, un léger pagne ceint à sa taille — «ses habits du dimanche», dit Max Huber.

Et, en les voyant si «endimanchés» tous trois:

«Qu'est-ce que cela signifie?… s'écria-t-il. Ont-ils eu la pensée de nous faire une visite officielle?…

— C'est sans doute jour de fête, répondit John Cort. S'agit-il donc de rendre hommage à un dieu quelconque? Ce serait le point intéressant qui résoudrait la question de religiosité.»

Avant qu'il eût achevé sa phrase, Lo-Maï venait de prononcer comme une réponse:

«Msélo-Tala-Tala…

— Le père aux lunettes!» traduisit Max Huber.

Et il sortit de la case avec l'idée que le roi des Wagddis passait en ce moment.

Complète désillusion! Max Huber n'entrevit pas même l'ombre de Sa Majesté! Toutefois, il fallut bien constater que Ngala était en mouvement. De toutes parts affluait une foule aussi joyeuse, aussi parée que la famille Maï. Grand concours de populaire, les uns suivant processionnellement les rues vers l'extrémité ouest du village, ceux-ci se tenant par la main comme des paysans en goguette, ceux-là cabriolant comme des singes d'un arbre à l'autre.