«Il y a quelque chose de nouveau…, déclara John Cort en s'arrêtant sur le seuil de la case.
— On va voir», répliqua Max Huber.
Et, revenant à Lo-Maï:
«Msélo-Tala-Tala?… répéta-t-il.
— Msélo-Tala-Tala!» répondit Lo-Maï en croisant ses bras, tandis qu'il inclinait la tête.
John Cort et Max Huber furent conduits à penser que la population wagddienne allait saluer son souverain, lequel ne tarderait pas à apparaître dans toute sa gloire.
Eux, John Cort, Max Huber, n'avaient pas d'habits de cérémonie à mettre. Ils en étaient réduits à leur unique costume de chasse, bien usé, bien sali, à leur linge qu'ils tenaient aussi propre que possible. Par conséquent, aucune toilette à faire en l'honneur de Sa Majesté, et, comme la famille Mai sortait de la case, ils la suivirent avec Llanga.
Quant à Khamis, peu soucieux de se mêler à tout ce monde inférieur, il «resta seul à la maison». Il s'occupa de ranger les ustensiles, de veiller à la préparation du repas, de nettoyer les armes à feu. Ne convenait-il pas d'être prêt à toute éventualité, et l'heure approchait peut-être où il serait nécessaire d'en faire usage.
John Cort et Max Huber se laissèrent donc guider par Lo-Maï à travers le village plein d'animation. Il n'existait pas de rues, au vrai sens de ce mot. Les paillotes, distribuées à la fantaisie de chacun, se conformaient à la disposition des arbres ou plutôt des cimes qui les abritaient.
La foule était assez compacte. Au moins un millier de Wagddis se dirigeaient maintenant vers la partie de Ngala à l'extrémité de laquelle s'élevait la case royale.