— Serait-ce donc?…» s'écria Marc Huber.
Et, l'oreille tendue dans cette direction, il percevait un claironnement plus distinct, strident parfois comme un sifflet de locomotive, au milieu des larges rumeurs qui grandissaient en se rapprochant.
«Détalons, dit le foreloper, et au pas de course!»
CHAPITRE III Dispersion
Max Huber, Llanga et Khamis ne mirent pas dix minutes à franchir les quinze cents mètres qui les séparaient du tertre. Ils ne s'étaient pas même retournés une seule fois, ne s'inquiétant pas d'observer si les indigènes, après avoir éteint leurs feux, cherchaient à les poursuivre. Non, d'ailleurs, et, de ce côté, régnait le calme, alors que, à l'opposé, la plaine s'emplissait d'une agitation confuse et de sonorités éclatantes.
Le campement, lorsque les deux hommes et le jeune enfant y arrivèrent, était en proie à l'épouvante, — épouvante justifiée par la menace d'un danger contre lequel le courage, l'intelligence ne pouvaient rien. Y faire face, impossible! Le fuir?… En était- il temps encore?…
Max Huber et Khamis avaient aussitôt rejoint John Cort et Urdax, postés à cinquante pas en avant du tertre.
«Une harde d'éléphants!… dit le foreloper.
— Oui, répondit le Portugais, et, dans moins d'un quart d'heure, ils seront sur nous…
— Gagnons la forêt, dit John Cort.