— Oui et non, John. Tout cela forme le menu ordinaire des explorateurs de l'Afrique centrale… C'est ce que le lecteur rencontre dans les récits des Barth, des Burton, des Speke, des Grant, des du Chaillu, des Livingstone, des Stanley, des Serpa Pinto, des Anderson, des Cameron, des Mage, des Brazza, des Gallieni, des Dibowsky, des Lejean, des Massari, des Wissemann, des Buonfanti, des Maistre…»

Le choc de l'avant-train du chariot contre une grosse pierre coupa net la nomenclature des conquérants africains que déroulait Max Huber. John Cort en profita pour lui dire:

«Alors vous comptiez trouver autre chose au cours de notre voyage?…

— Oui, mon cher John.

— De l'imprévu?…

— Mieux que de l'imprévu, lequel, je le reconnais volontiers, ne nous a pas fait défaut…

— De l'extraordinaire?…

— C'est le mot, mon ami, et, pas une fois, pas une seule, je n'ai eu l'occasion de la jeter aux échos de la vieille Libye, cette énorme qualification de _portentosa Africa _due aux blagueurs classiques de l'Antiquité…

— Allons, Max, je vois qu'une âme française est plus difficile à contenter…

— Qu'une âme américaine… je l'avoue, John, si les souvenirs que vous emportez de notre campagne vous suffisent…