Tout en cheminant, ils ne cessaient de regarder à leurs pieds, cherchant quelque empreinte, un pas d'homme, ou quelque objet qui eût été laissé sur le sol.
Malgré un minutieux examen, autant sur le haut qu'au bas de la berge, on ne trouva rien. Nulle part ne furent relevés des indices de passage ou de halte. Lorsque Khamis et ses compagnons eurent atteint la première rangée d'arbres, ils furent salués par les cris d'une bande de singes. Ces quadrumanes ne parurent pas trop surpris de l'apparition d'êtres humains. Ils s'enfuirent cependant. Qu'il y eût des représentants de la gent simienne à s'ébattre entre les branches, on ne pouvait s'en étonner. C'étaient des babouins, des mandrills, qui se rapprochent physiquement des gorilles, des chimpanzés et des orangs. Comme toutes les espèces de l'Afrique, ils n'avaient qu'un rudiment de queue, cet ornement étant réservé aux espèces américaines et asiatiques.
«Après tout, fit observer John Cort, ce ne sont pas eux qui ont construit le radeau, et, si intelligents qu'ils soient, ils n'en sont pas encore à faire usage de cadenas…
— Pas plus que de cage, que je sache… dit alors Max Huber.
— De cage?… s'écria John Cort. À quel propos, Max, parlez-vous de cage?…
— C'est qu'il me semble distinguer… entre les fourrés… à une vingtaine de pas de la rive… une sorte de construction…
— Quelque fourmilière en forme de ruche, comme en élèvent les fourmis d'Afrique… répondit John Cort.
— Non, M. Max ne s'est pas trompé, affirma Khamis. Il y a là… oui… on dirait même une cabane construite au pied de deux mimosas, et dont la façade serait en treillis…
— Cage ou cabane, répliqua Max Huber, voyons ce qu'il y a dedans…
— Soyons prudents, dit le foreloper, et défilons-nous à l'abri des arbres…