13 août. — Installation complète… Pris possession de la cabane… Environs absolument déserts… Nulle trace d'êtres humains, indigènes ou autres… Gibier aquatique très abondant… Cours d'eau poissonneux… Bien abrités dans la cabane pendant une bourrasque.

25 août. — Vingt-sept jours écoulés… Existence organisée régulièrement… Quelques hippopotames à la surface de la rivière, mais aucune agression de leur part… Élans et antilopes abattus… Grands singes venus la nuit dernière à proximité de la cabane… De quelle espèce sont-ils? cela n'a pu être encore reconnu… Ils n'ont pas fait de démonstrations hostiles, tantôt courant sur le sol, tantôt juchés dans les arbres… Cru entrevoir un feu à quelque cent pas sous la futaie… Fait curieux à vérifier: il semble bien que ces singes parlent, qu'ils échangent entre eux quelques phrases… Un petit a dit: «Ngora!… Ngora!… Ngora!…» mot que les indigènes emploient pour désigner la mère.

Llanga écoutait attentivement ce que lisait son ami John, et, à ce moment, il s'écria:

«Oui… oui… ngora… ngora… mère… ngora… ngora!…»

À ce mot relevé par le docteur Johausen et répété par le jeune garçon, comment John Cort ne se serait-il pas souvenu que, la nuit précédente, il avait frappé son oreille? Croyant à une illusion, à une erreur, il n'avait rien dit à ses compagnons de cet incident. Mais, après l'observation du docteur, il jugea devoir les mettre au courant. Et comme Max Huber s'écriait:

«Décidément, est-ce que le professeur Garner aurait eu raison?…
Des singes qui parlent…

— Tout ce que je puis dire, mon cher Max, c'est que j'ai, moi aussi, entendu ce mot de «ngora!», affirma John Cort.

Et il raconta en quelles circonstances ce mot avait été prononcé d'une voix plaintive pendant la nuit du 14 au 15, tandis qu'il était de garde.

«Tiens, tiens, fit Max Huber, voilà qui ne laisse pas d'être extraordinaire…

— N'est-ce pas ce que vous demandez, cher ami?…» répliqua John
Cort.