— Tandis que par l'ouest…

— Par l'ouest, répondit Urdax, et sans trop allonger la route, en suivant sa lisière, nous rencontrerons l'Oubanghi aux environs des rapides de Zongo.

— Est-ce que de la traverser n'abrégerait pas le voyage?… demanda Max Huber.

— Oui… d'une quinzaine de journées de marche.

— Alors… pourquoi ne pas nous lancer à travers cette forêt?…

— Parce qu'elle est impénétrable.

— Oh! impénétrable!… répliqua Max Huber d'un air de doute.

— Pas aux piétons, peut-être, observa le Portugais, et encore n'en suis-je pas sûr, puisque aucun ne l'a essayé. Quant à y aventurer les attelages, ce serait une tentative qui n'aboutirait pas.

— Vous dites, Urdax, que personne n'a jamais essayé de s'engager dans cette forêt?…

— Essayé… je ne sais, monsieur Max, mais qu'on y ait réussi… non… et, dans le Cameroun comme dans le Congo, personne ne s'aviserait de le tenter. Qui aurait la prétention de passer là où il n'y a aucun sentier, au milieu des halliers épineux et des ronces?… Je ne sais même si le feu et la hache parviendraient à déblayer le chemin, sans parler des arbres morts, qui doivent former d'insurmontables obstacles…