Schwartz baissait les yeux tout confus.
« Je vois bien qu'il faut l'avouer, dit-il. J'étais employé à la coulée, et c'est dans l'espoir d'augmenter mon salaire que j'avais voulu essayer du puddlage !
-- Vous êtes tous les mêmes ! répondit l'ingénieur en haussant les épaules. A vingt-cinq ans, vous voulez savoir ce qu'un homme de trente-cinq ne fait qu'exceptionnellement !... Etes-vous bon fondeur, au moins ?
-- J'étais depuis deux mois à la première classe.
-- Vous auriez mieux fait d'y rester, en ce cas ! Ici, vous allez commencer par entrer dans la troisième. Encore pouvez-vous vous estimer heureux que je vous facilite ce changement de secteur ! »
L'ingénieur écrivit quelques mots sur un laissez-passer, expédia une dépêche et dit :
« Rendez votre jeton, sortez de la division et allez directement au secteur O, bureau de l'ingénieur en chef. Il est prévenu. »
Les mêmes formalités qui avaient arrêté Schwartz à la porte du secteur K l'accueillirent au secteur O. Là, comme le matin, il fut interrogé, accepté, adressé à un chef d'atelier, qui l'introduisit dans une salle de coulée. Mais ici le travail était plus silencieux et plus méthodique.
« Ce n'est qu'une petite galerie pour la fonte des pièces de 42, lui dit le contremaître. Les ouvriers de première classe seuls sont admis aux halles de coulée de gros canons. »
La « petite » galerie n'en avait pas moins cent cinquante mètres de long sur soixante-cinq de large. Elle devait, à l'estime de Schwartz, chauffer au moins six cents creusets, placés par quatre, par huit ou par douze, selon leurs dimensions, dans les fours latéraux.