Le docteur toucha un timbre avertisseur, qui communiqua instantanément son appel au logis de tous les membres du Conseil. En moins de trois minutes, le mot « présent ! » apporté successivement par chaque fil de communication, annonça que le Conseil était en séance.
Le docteur se plaça alors devant le pavillon de son appareil expéditeur, agita une sonnette et dit :
« La séance est ouverte... La parole est à mon honorable ami le colonel Hendon, pour faire au Conseil civique une communication de la plus haute gravité. »
Le colonel se plaça à son tour devant le téléphone, et, après avoir lu l'article du New York Herald, il demanda que les premières mesures fussent immédiatement prises.
A peine avait-il conclu que le numéro 6 lui posa une question :
« Le colonel croyait-il la défense possible, au cas où les moyens sur lesquels il comptait pour empêcher l'ennemi d'arriver n'y auraient pas réussi ? »
Le colonel Hendon répondit affirmativement. La question et la réponse étaient parvenues instantanément à chaque membre invisible du Conseil comme les explications qui les avaient précédées.
Le numéro 7 demanda combien de temps, à son estime, les Francevillais avaient pour se préparer.
« Le colonel ne le savait pas, mais il fallait agir comme s'ils devaient être attaqués avant quinze jours.
Le numéro 2 : « Faut-il attendre l'attaque ou croyez-vous préférable de la prévenir ?