—Mais pourras-tu nous suivre, mon enfant?

—Oui! J’ai une bonne bête qui ne demande pas mieux que d’aller en avant. Voulez-vous… Mylord?… Je vous en prie.

—Viens donc, mon garçon, dit Glenarvan, enchanté de ne pas se séparer de Robert. À nous trois, ajouta-t-il, nous serons bien maladroits si nous ne découvrons pas quelque aiguade fraîche et limpide.

—Eh bien, et moi? dit Paganel.

—Oh! Vous, mon cher Paganel, répondit le major, vous resterez avec le détachement de réserve. Vous connaissez trop bien le trente-septième parallèle, et la rivière Guamini et la pampa tout entière pour nous abandonner. Ni Mulrady, ni Wilson, ni moi, nous ne sommes capables de rejoindre Thalcave à son rendez-vous, tandis que nous marcherons avec confiance sous la bannière du brave Jacques Paganel.

—Je me résigne, répondit le géographe, très flatté d’obtenir un commandement supérieur.

—Mais pas de distractions! Ajouta le major. N’allez pas nous conduire où nous n’avons que faire, et nous ramener, par exemple, sur les bords de l’océan Pacifique!

—Vous le mériteriez, major insupportable, répondit en riant Paganel. Cependant, dites-moi, mon cher Glenarvan, comment comprendrez-vous le langage de Thalcave?

—Je suppose, répondit Glenarvan, que le patagon et moi nous n’aurons pas besoin de causer. D’ailleurs, avec quelques mots espagnols que je possède, je parviendrais bien dans une circonstance pressante à lui exprimer ma pensée et à comprendre la sienne.

—Allez donc, mon digne ami, répondit Paganel.